XORRO interviewe Madame le bourgmestre Marie-Louise AULNER
XORRO : Madame le bourgmestre, depuis une année vous êtes en service. Comment avez-vous vécu cette première année ?
MLA : C’était une année difficile. Il fallait d’abord se faire une idée sur les affaires courantes, faire connaissance des projets en cours, s’accoutumer, et faire connaissance mutuelle approfondie avec le nouvel entourage. Finalement, 2 membres sur 3 au conseil échevinal ne faisaient pas encore partie d’un conseil communal, et sur les 6 membres de la majorité 4 y siègent pour la première fois. On se retrouve là dans un domaine tout à fait autre, intéressant, mais quelque fois frustrant. Une Administration est un monde nouveau pour ceux qui n’y ont pas grandi. D’autres règles, d’autres sensibilités sont en jeu. Il faut être ouverte pour apprendre, pour communiquer et solliciter la confiance ; en effet, tout changement amène nécessairement un changement d’approche et de style. Et ceci prend du temps.
XORRO : Qu’avez-vous pu atteindre et réaliser au courant de cette première année ?
MLA : Étonnament plus que je ne pensais moi-même. Reste toutefois le sentiment personnel que les choses n’avancent pas assez rapidement. Et pourtant puis-je affirmer que nous avons réalisé environ deux de nos investissements prévus ainsi qu’environ la moitié de notre programme commun . Mais il s’agit là des ‘petits’ points ; les grands projets nécessitent beaucoup plus de temps.
XORRO : Qu’elle a été jusqu’ici votre plus grande déception ?
MLA : Le fait que chez beaucoup de gens prévaut toujours la fameuse politique de clocher. Lorsqu’on veut changer des choses on se heurte à d’innombrables discussions, et chaque fois que le voisin obtient quelque chose, on revendique au moins quelque chose d’équivalent. Si nous ne réussissons pas à changer cette mentalité, nous ne pouvons pas avancer. Au contraire, nous risquons simplement de nous anéantir. Je pense cependant que, si on accepte le mandat de bourgmestre, il faut se placer au-dessus de telles considérations. Il faut simplement agir dans le sens de ce qui est dans l’intérêt général de la Commune. Dans ce contexte, des considérations particulières, de quelque côté qu’elles soient, n’y ont pas de place.
XORRO : Que voyez-vous comme plus important défi ?
MLA : Clairement le projet complexe sportif à Frisange. Ce projet, que nous avons repris, est extrêmement grand pour notre commune. En fait, il s’agit de deux grands halls, avec chemins d’accès et entourages. Son financement est un casse-tête permanent et nous donne pas mal de fil à retordre, même sachant qu’une fois réalisé, la Commune pourra profiter de cet investissement pendant les cinquante prochaines années. En cas de baisse substantielle de nos recettes, le financement externe, à savoir par crédit bancaire, risque de devenir, sinon pas impossible, mais alors beaucoup plus coûteux. Même si les taux d’intérêts restent bas, les primes de risque augmenteteront de façon drastique. Beaucoup de gens ne comprennent pas ceci. A cause de cette situation je suis anxieuse, car ce projet risque de paralyser une petite Commune comme la nôtre en terme d’autres projets d’investissements également nécessaires.
XORRO : Mais l’ ‘Equipe’ disait, avant les élections, qu’ils avaient tellement épargné et que les finances étaient saines comme jamais auparavant !
MLA : C’est vrai, en partie. Les dernières années, nous avions toujours un surplus, ceci grâce aux finances étatiques, qui se portaient alors mieux que prévu. Parallèlement, les taux d’intérêts ont baissé, de sorte que la charge financière de la Commune s’est réduite.
En sus de cette situation, les six dernières années ont vu relativement peu d’investissements, de sorte que ces surplus ont pu être accumulés pour pouvoir construire le nouveau bâtiment scolaire Cycle 1. Cette construction touche à sa fin, et avec elle les réserves. Il faut avouer que c’est une nouveauté pour notre Commune de pouvoir construire une école sans avoir recours au financement bancaire. Mais à contrario ceci prouve également que nous pouvons seulement nous permettre un investissement de taille que si, durant des années, nous ne faisons rien, même que ce fut nécessaire.
XORRO : Quels sont vos projets majeurs pour 2013 ?
MLA : A part le complexe sportif, nous prévoyons de construire un double bassin de rétention à Frisange, route de Luxembourg. Ensuite nous mettrons sur pieds un programme pour renouveler et sécuriser nos aires de jeux. Ainsi, chaque village aura son aire de jeux, labélisée, sécurisée et réglementée. Nous espérons pouvoir faire débuter les travaux d’agrandissement des vestiaires et équipements sanitaires du terrain de sport de sorte que le club de foot pourra profiter des nouvelles installations pour le début du championnat 2014-2015. Nous continuerons d’assurer les travaux de stabilisation du château d’Aspelt avec des travaux de menuiserie extérieure, façade et chauffage. Ensuite il y a une foule de ‘petits’ travaux, qui entrent plutôt dans les catégories entretien et réparation . Voilà des choses que généralement le publique ne remarque pas directement, mais qui sont d’une importance manifeste. Nous y voyons un besoin d’agir.
L’agrandissement de la station d’épuration est programmée, de même que nous devons continuer à aménager le réseau des chemins ruraux. Nous voulons agrandir le réseau des chemins pédestres.
Il faut que nous aménagions autrement la ‘Containerplaz’ à Hellange, mais dans une première phase il faudra y remplacer la toiture défectueuse de l’atelier communal. Ensuite nous pouvons y prévoir une installation photovoltaïque communautaire. Ceci sera alors un pas supplémentaire dans notre Commune vers la promulgation des technologies ‘vertes’, ceci après avoir pris la décision de principe de vouloir remplacer, en étapes, l’éclairage public par les lampes de type LED.
En résumé, il y a du pain sur la planche.
XORRO : Est-il raisonnable, en ces temps de crise, que vous investissiez dans des vestiaires pour le club de Foot et dans des aires de jeux ?
MLA : Savez-vous, XORRO, l’alternative à l’agrandissement en question est simplement l’installation d’un troisième module type ‘container’ et de quelques toilettes type ‘dixie’, ce que nous ne voulons pas. En tout cas, si rien n’est fait, le terrain avec ses installations risque tout simplement la fermeture de la part de la FLF, pour la simple raison que les arbitres, joueurs et visiteurs doivent se partager l’actuelle seule toilette.
En sus, je suis d’avis que ceci n’est nullement du luxe, mais de la plus pure nécessité. Il ne s’agit aucunement d’un projet ‘cool’, mais d’un bâtiment qui aurait du être construit depuis longtemps. Notre jeunesse, que nous voulons amener vers le sport, et elle est nombreuse, est simplement en droit d’y trouver des conditions sanitaires ‘normales’.
Et je ne veux pas que des joueurs venant de l’extérieur mémorisent notre Commune comme étant celle où tu prends la douche dans un premier conteneur, fais tes besoins dans un second et peut être bois un verre dans un troisième. J’aime trop ma Commune que des gens retiennent cette image.
En ce qui concerne les aires de jeux, c’est tout simple : il y va de la sécurité des enfants. Et ceci est une priorité absolue !
XORRO : Quelles sont les défis pour la nouvelle année ?
MLA : Le défi le plus important, des points de vues finances et complexité technique, est le hall sportif à Frisange. Non moins important est l’établissement du nouveau PAG avec toute sa complexité technique et se défis politiques. Il faut que nous nous fassions des idées sur le développement futur de notre commune. Nous ne pouvons pas simplement continuer à croître, sans savoir où mettre les accents nécessaires pour assurer à nos citoyens, actuels et futurs, une Commune dans laquelle il fait bon vivre. Mais ceci n’est pas facile !
XORRO : Pouvez-vous nous dire comment vous vivez le climat dans votre coalition ?
MLA : Je dirais : très bien. Même si le CSV et le LSAP, au niveau de partis politiques sur le plan national, ont parfois des divergences de vues sur des questions fondamentales de socio-politique, ces divergences sont largement compensées par une pensée commune de solidarité et d’idées sociales, notamment en temps de crise . Il paraît cependant évident que, si avant de dépenser de l’argent il faut y réfléchir à deux fois, on n’est pas à l’abri de discussions sur les priorités des moyens à investir. Mais voilà une des règles et un des points fort d’une démocratie, et il est bon ainsi.
Enfin, la politique influence très peu, sinon pas du tout, sur le niveau communal. Mais ceux qui ne comprennent pas ceci sont souvent ceux qui prétendent ne pas avoir d’affinités vers une direction politique quelconque.
XORRO : Madame le bourgmestre, je vous remercie pour ces informations et vous souhaite toujours courage et une main heureuse.